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INTRODUCTION AU SUJET
Les indicateurs de richesses sont essentiels pour permettre de mesurer l’état de bien-être durable des individus et
de la société au niveau national, régional mais aussi européen et mondial, et pour
définir les politiques à ces différents niveaux.
L’indicateur de richesse dominant et universel, celui qui s’est progressivement imposé à tous les pays, est le Produit
intérieur brut (PIB). Le PIB est la somme des « valeurs ajoutées économiques » produites dans les entreprises et les administrations. Pourtant, il est de plus en plus critiqué comme outil de
mesure du ‘développement’.
Le PIB n’est, en effet, pas neutre. Comme tout indicateur, il est surtout
économique, mais il ne tient pas compte de certaines de nos « richesses ». Il est aussi dénué de considération qualitative et citoyenne. Il ne tient pas compte – ou il est indifférent aux
inégalités économiques et sociales. Économique, il n’indique rien sur la « santé sociale » d’une nation ou d’un territoire. Il ne prend pas non plus en compte les dégradations de l’environnement
et de
l’humain causées par nos modes de production et de consommation: pollutions de la nature et de notre nourriture,
épuisement des ressources naturelles, réchauffement climatique, maladies et accidents du travail.... Pire, parfois,
il valorise ces dégradations en comptabilisant à la fois l’activité économique de ceux qui les provoquent et l’activité économique de ceux qui les « réparent ». Et lorsque les réparations sont
effectuées par des bénévoles, il n’en tient pas compte...
Il se dessine donc un consensus autour de l’idée que la croissance du PIB est non seulement insuffisante pour rendre compte
du développement humain et de l’amélioration du bien être, mais qu’elle peut aussi nous mener « droit dans le mur »...
Les Nations Unies ont été précurseurs pour repenser les indicateurs de progrès. Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a ainsi développé une
nouvelle série d’indicateurs, comme l’indicateur de développement humain (IDH) qui élargit la notion de développement en reflétant en plus de l’accès aux ressources économiques, l’accès à la
santé et à l’éducation des populations. L’IDH est déjà très utile mais reste un peu « rudimentaire » pour tenir compte de toute la richesse et la multidimensionnalité de l’état de nos sociétés.
L’urgence est donc d’élaborer de nouveaux indicateurs, plus adaptés aux situations locales et nationales. L’urgence est aussi de la prise de conscience, en particulier par les politiques, de
l’importance de ces indicateurs pour définir les orientations futures.
Le Président de la République a lui-même reconnu cet enjeu en créant début 2008 une Commission pour travailler sur les indicateurs de mesures de l’économie à
laquelle participent un ensemble d’experts nationaux et internationaux dont quatre prix Nobel d’économie dont Joseph Stiglitz et Amatya Sen.
En contribution à ce processus, le
Forum pour d’autres indicateurs de richesse (FAIR)
a été créé en 2008 par des universitaires soucieux d’intégrer les citoyens dans cette démarche. Plusieurs régions
d’Europe et de France n’ont cependant pas attendu pour réfléchir et définir de nouveaux indicateurs de richesse.
Ainsi, dans le Nord - Pas de Calais, dans le cadre d’un programme intitulé « les indicateurs 21 » la région NPC se dote
progressivement de plusieurs indicateurs-phares, assez différents du PIB. Certains sont des ‘territorialisations’ d’indicateurs internationaux, adaptés au contexte de la région (les indicateurs
PNUD en particulier). D’autres sont le produit d’une élaboration conjointe entre différents partenaires: les producteurs de données, la société civile organisée... autour du sens de la santé
sociale du territoire. Ils ont donné lieu à la production d’un « indicateur de santé sociale », décliné pour toutes les régions françaises. Les résultats de ces indicateurs sont souvent
saisissants.
L’objectif de la Conférence organisée à Clermont Ferrand est donc de faire le point sur ces développements, de présenter l’expérience d’une région française, celle
du Nord, de discuter de la situation régionale dans ce domaine et d’ouvrir la réflexion sur l’opportunité de lancer un projet « Nouveaux indicateurs de richesses» en Auvergne.
LRL, MSH
http://www.mouvementutopia.org/blog/index.php?post/2009/05/15/Vers-de-nouveaux-indicateurs-de-richesse-Conference-Utopia-a-Clermont-Ferrand-le-10-juin
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