Michel Tarrier, que nous connaissions déjà pour être l'auteur de l'un des
meilleurs ouvrages de prise de conscience écologiste publié ces dernières années*, lance un appel d'urgence que nous ne saurions que relayer:
MANIFESTE CONTRE L'ABOMINATION
Nous, peuple dernier…
Sur une Terre nourricière en déliquescence et dont tous les signaux sont au rouge, en l’avant-veille d’une vie invivable et d’un temps de grandes pénuries induites par notre gouvernance
planétaire erronée ;
Constatant une accélération de l’effondrement du Vivant et avant qu’il ne nous reste plus que la mer à boire et un désert en partage…
Sachant que notre puissance usurpée, illusoire et temporaire, née d’un fabuleux hold-up planétaire ; conscients qu’une appropriation forcenée et à 360º (pas seulement coloniale et
néocoloniale…), sous les plus fallacieux prétextes politico-économico-religieux, fait de nous un peuple nanti mais sans âme, et plonge plus des deux-tiers de l’humanité dans une inadmissible
misère que nous soignons à coups d’œuvres charitables, de funestes curés, de faux agronomes et de médecins avec ou sans frontières ;
Coupables et blâmables d’avoir ignoblement asservi, manipulé et dénaturé les hommes, les animaux et les plantes, de persévérer à épuiser les ressources non-renouvelables dans la plus stupide
cécité écologique, de dénier la finitude de notre Terre en déboisant, en désertifiant, en vidant les océans, et ce, dans le seul but éhonté d’un enrichissement infini des gens de pouvoir ;
À peine conscients d’être incités au comble d’une ridicule surpopulation, par une incessante fertilisation patriotique et dénuée du sentiment d’amour, comparable au lapinisme d’une espèce en
élevage, d’avoir été exhortés à proliférer contre-nature pour mieux nous exploiter les uns les autres, jusqu’à devoir constituer une espèce invasive, profondément malheureuse, dont l’effectif
exorbitant implique non seulement la famine et la détresse, mais aussi l’occupation des niches écologiques des autres espèces qui se voient expulsées de partout ;
Sachant que, des peuples premiers aux abeilles mellifères, nous avons tout descendu sur notre passage, et que l’agroterrorisme et la surpêche parachèvent l’œuvre destructrice sans faire montre du
moindre principe de précaution ;
Pour que cesse l’abomination orchestrée - notamment depuis l’usage des énergies fossiles - par les maîtres du monde, toujours cautionnés et sournoisement relayés par les politiques de
toutes les couleurs, y compris les plus Verts ;
Pour que cesse cette appropriation aveugle des ressources, cet égo-consumérisme à l’Occidentale qui met la frivolité et l’abondance au-dessus de toutes les valeurs, et qui contribue à
l’élaboration d’un septième continent constitué d’ordures pérennes ;
Pour que cesse cet immonde irrespect qui fit de l’impérieux homme Blanc - spéciste, raciste, sexiste - le premier tortionnaire de la planète ;
Pour que cesse l’infinie douleur du monde dit animal, tout comme le saccage exponentiel de la flore et des paysages sauvages ;
En l’espoir de retrouver un jour le bon goût du fruit dans l’arbre, de pouvoir adorer le cochonnet, l’agneau et la caille ailleurs que dans un plat ;
Pour tenter de se défendre d’un cocktail de cent mille molécules chimiques qu’une science sans conscience, au service d’un productivisme aveugle, a sciemment épandue dans les sols et les eaux,
avant de nous réinventer cyniquement la qualité biologique qui était celle, naturelle, de nos aïeux ;
Pour refuser certaines vaccinations aux intentions inavouables ;
En un mot pour résister – même pathétiquement - à la marée montante d’un ordre mondial tentaculaire, dont les valeurs iniques et nocives sont inoculées par les médias, serviteurs
volontaires, à des foules allongées, écervelées, amorphes, abouliques… ;
Pour que la honte qui résulte de l’impossibilité de transmettre à nos enfants le legs terrestre ne nous empêche pas de dormir (!), pour que ces mêmes enfants ne soient pas transformés en simples
lavettes par l’omniprésence d’un pouvoir mondial de plus en plus féroce et liberticide ;
Efforçons-nous de vivre debout, lucides, généreux, cultivés, écoconscients, voire dans la simplicité volontaire, évertuons-nous de tout mettre en œuvre pour installer une intransigeante
clameur de résistance à l’horreur en général, aux idées de loi du marché et d’éternelle croissance économique en particulier, ainsi qu’à cette trouvaille d’un développement durable, bel oxymore
pour servir d’ultime lubrifiant à un ultralibéralisme essoufflé.
Même et surtout si, en toute naïveté, nous sommes seuls contre tous.
HALTE À LA PROPAGANDE DU MAL !
Nous sommes ce que nous mangeons. Mais à quelle sauce souhaitons-nous être mangés ?
Le système a fait de nous des dévoreurs de cadavres comme il a fait des vaches les cannibales de leurs propres restes. Les vaches et les humains valent mieux que ça.
Michel Tarrier. Août 2009.
Un manifeste à diffuser largement autours de soi!!!
*"2050. Sauve qui peut la Terre" éditions du Temps, mars 2007
Derniers Commentaires